mercredi 25 mars 2026

Habemus mairam



Ca y est ! La prise en étau de l'Aficion locale est terminée. Habemus mairam !

L'entre-deux tours des élections municipales montoises a mis la tauromachie au centre de l'attention. Il n'y avait plus que ça qui comptait. Comme si c'était important. Comme s'il n'y avait pas plus urgent. Comme si les aficionados devenaient enfin des électeurs ! Comme si la corrida était de droite. Comme si la corrida était de gauche. C'est terminé...

Que nous dit notre nouveau pape ?

Incongruité. Il nous dit qu'on ne peut pas se passer d'un prestataire tout de suite ; mais qu'on demandera au prochain de former des Montois... pour pouvoir le virer ensuite (le prestataire, pas le nouveau pape)

Déjà fait. Déjà vu. Des miettes pour les peñas. Il propose qu'elles organisent la novillada sans picador.

Rien de mieux. Ou même pire. Il propose qu'un représentant des peñas siège à la CTEM. Ces dernières années, il y en avait deux ! Il propose que l'ensemble des peñas forme une sorte de "conseil des sages". Ca ressemble beaucoup au conseil consultatif imaginé en 2007 par G. Darrieussecq, qui évinçait alors les clubs taurins de la CTEM et confiait les pleins pouvoirs à G. François. 

Faire sérieux. La fameuse question du "faire sérieux" au campo. Chopera disait déjà ça ! Il propose de ne pas y aller à plus de 4. Pour faire sérieux.

L'œil de l'aficionado. Il propose de remettre des figuras devant des élevages exigeants. Faut-il lister ici les échecs sans cesse répétés de cette lubie ? A deux exceptions près depuis 30 ans : Joselito et un Cuadri, Ponce et un Samuel. Depuis Paco Camino, les vedettes ne veulent plus des ganaderias renommées. Sauf à leurs conditions. Bon courage (à nous aussi).

Méconnaissance du dossier. Il propose des abonnements à - 50% pour les moins de 20 ans. C'est actuellement bien moins cher que ça. Et pour les moins de 25 ans !

Saint Perdon appréciera. Il propose la création d'un évènement taurin pour les 100 jours de le Madeleine.

En vrac. Il propose aussi des classes pratiques, des bourses d'étude, des capéas d'après corrida, une journée de la transmission, un audit du bâti (des arènes), l'agrandissement des corrales et une balance pour peser les toros, des places au cartel réservées pour les triomphateurs du début de saison...

Habemus mairam.

Veiram.


dimanche 7 décembre 2025

Le mensonge érigé en système

 


Depuis la création de la peña il y a 25 ans, rien n'a changé. Labeyrie, Darrieussecq, Dayot. Les régimes se suivent et se ressemblent. Le mensonge est érigé en système.

Successivement, et quoi qu'ils en disent, tous ont utilisé les corridas à des fins de propagande municipale, confiant leurs destinées à des financiers sans scrupules, faisant ainsi de la Madeleine un vulgaire objet commercial. C'est incontestable. Derrière les beaux discours, il y a la réalité des faits. Les dimensions patrimoniales, artistiques et sociologiques de la tauromachie sont sacrifiés sur l'hôtel de la rentabilité. Et si nos arènes se vident, ce n'est pas parce qu'on y présente quasi exclusivement et à des prix prohibitifs une version médiocre et très appauvrie de ce que devrait être la culture taurine. Non, ce n'est pas pour ça. C'est parce que quelques jeunes aficionados bavards dérangent la tranquillité de la néo bourgeoisie locale.

Quelle arnaque intellectuelle.

Au lieu de se réjouir de l'intérêt qu'une partie de la population porte encore à une tradition le plus souvent bafouée, au lieu de chercher des explications à la répétition sans fin de corridas de vedettes inlassablement ratées, au lieu de chercher à convaincre et à rassembler, ils divisent. Ils mentent.

La tauromachie n'est qu'un exemple. Le peuple n'en peut plus des bobards. 

Ils diront que ce n'est pas leur faute. Ils diront qu'ils ne savaient pas.

Ce sera leur dernier mensonge.

dimanche 26 octobre 2025

Art sans conscience n'est que ruine de l'âme

 

Deux mondes irréconciliables ?...

Madrid. Octobre 2025. 24h dans une machine à laver. Ovations, applaudissements frénétiques, cris d’effroi, cris de haine, cris de joie, olés assourdissants, vociférations en tout genre, angoisses, soulagements. Sourires. Larmes. Nous sommes sortis lessivés. Et les 7h de route pour rentrer à la maison n’étaient que formalité finalement. Madrid. Rien de bien important. De la tauromachie. Rien que des corridas.

Depuis quelques mois, plus qu’ailleurs, le public madrilène s’est renouvelé. En masse, des jeunes viennent aux arènes. En réaction. Contre le véganisme, contre le wokisme, contre les anti-taurins. Contre la mairie de gauche. Contre les contres. Ce sont des réactionnaires.

En Espagne, les toros sont de droite. Au mieux.

Dimanche. La corrida est terminée depuis 5 minutes et, déjà, la légende est en marche. Tout le monde ment. Tout le monde est d’accord pour mentir. On refait l’histoire. On fabrique l’Histoire. L’Homme a besoin de croyances. Il lui faut des mythes pour continuer à espérer. Qu’importe la réalité… pourvu qu’il ait l’ivresse.

Pendant 24h, Las Ventas était en fusion. Nous étions dans la Mecque du toreo authentique. Inoubliables les véroniques de Ginès Marin au second Victorino. Incroyables les doblones de Romàn. Le week-end était réussi. Et puis le lendemain matin, il y a eu les trincherillas de Curro. Il y a eu César. Le grand César. Il y a eu l’estoconazo de Frascuelo, 78 ans. Il y a eu Ponce. Ponce, toujours Ponce. Et même Olga. Irréel. Madrid dans toute sa splendeur. Madrid. Notre Madrid de toujours. Madrid. Notre Madrid.

Le soir, l’ambiance était électrique. Pesante. Malaisante. Devant la Grande porte, les réactionnaires, bras tendus, ne voulait pas laisser un pouce de terrain aux quelques manifestants animalistes. Le matin non plus, Morante ne voulait pas laisser un pouce de terrain à son adversaire, sosie d’Atrevido, bien moins docile que ses congénères. Des mois que cela dure. Les véritables triomphes ont ce prix. Ça ne peut pas continuer éternellement.

A l’issue du paseo, l’ovation grandit. José Antonio Morante de la Puebla (c’est comme ça qu’on l’appelle aujourd’hui) croit évidemment que c’est pour lui. L’égocentrisme est partie intégrante de nombreuses maladies mentales. C’est un fait. Pas un jugement (loin de là). Les trois matadors se retirent aux barrières. L’acclamation reprend de plus belle. L’aficion de Madrid (notre Madrid) obtient gain de cause. Ce coup-ci, son torero sort seul. L’hommage n’est que pour lui. Et ce torero, c’est Fernando Robleño. Le modeste Robleño qui vient ce jour terminer sa carrière. Modestement. Chez lui. A Madrid. Madrid a toujours aimé les modestes. A ce moment-là, nous ne savons pas encore qu’il ne s’agit déjà plus de tauromachie. Ou plus seulement. 2 mondes s’entrechoquent. C’est le débat de l’entre-deux-tours.

Ce que l’on retiendra apparemment de cette corrida, c’est qu’après avoir triomphé d’un toro qui le laissait pour mort quelques minutes auparavant, le génie José Antonio Morante de la Puebla, a décidé de se retirer de la profession laissant ses fans orphelins. Coup de tonnerre ! La tauromachie s’en remettra-t-elle ?

Les fans de JAMDLP, nous en avons déjà parlé. C’est la néo-aficion fascisante. Ce qu’il faut tout de même savoir c’est qu’ils ne sont pas à confondre avec les « Morantistes de toujours ». Ce que fut réellement la tarde de JAMDLP ce jour-là ? C’est assez simple en fait. Une énorme boite à son 2ème toro à la fin d’une réception au capote complètement atypique et improvisée. Un moment suspendu pendant lequel on se demande (en fois de plus) à quel point le gars est fêlé pour revenir en piste. Enfin, une douzaine de tout petits derechazos sans broncher d’un millimètre et une estocade fissa plutôt bien portée dans un délire (quasi) général. Délire resté intact depuis la rouste. Ça valait une oreille (comme Robleño après d’ailleurs). Mais le président, peut-être soucieux de ne pas provoquer une émeute, lâche l’affaire. JAMDLP est fêté comme une idole. Devant les tendidos 6 et 7 (notre Madrid), le triomphe est très largement contesté. Le triomphe. Pas la valeur du torero…

José Antonio Morante de la Puebla restera légitimement dans la mémoire des aficionados « normaux » comme un indéniable artiste qui n’aura eu de cesse, tout au long des années, de mettre son inventivité au service d’un toreo pur et classique. Désormais, il est « débordé ». L’hystérie qu’il génère depuis quelques mois (quelques mois seulement en 25 ans de carrière) est un mouvement politique. Morante est instrumentalisé. Il est devenu en Espagne l’étendard des traditionnalistes/nationalistes comme en témoignent les vivats reçus au moment de son ultime brindis à Santiago Abascal : leur Marine Le Pen à eux. La moindre critique de Dieu provoque un tollé et Las Ventas, considérée jusque-là comme un lieu d’expressions diverses, était prête à lyncher quelques contestataires disséminés.

Nous étions là. Déboussolés. La tauromachie passait au second plan. Derrière une odeur nauséabonde. Assez facile à identifier finalement. Madrid sentait la merde.

Et comme il n’est pas question de dissocier l’homme de son œuvre, la despedida de Morante n’est pas un choc. C’est un soulagement. L’art ne peut être qu’au service de l’humanité. Du vivre ensemble. Pas de la division et de la haine.

Pendant que les nazillons exaltaient une dernière fois leur héros, Madrid saluait sobrement Robleño.

Notre Madrid.

lundi 21 juillet 2025

Le pire public de France

 


Il est des sentences qui ont le parfum de médailles. L’an passé le Maire Charles Dayot traitait ses propres concitoyens de « gilets jaunes ». Cette fois, c’est le journaliste d’Ici Gascogne Pierre Albert Blain qui taxe les aficionados Montois de « pire public de France ». Une étoile de plus sur notre maillot !

Il va sans dire que le mépris qu’on nous adresse est un excellent carburant à la contestation. Elle ne devrait être que grandissante. Et ceux qui n’ont aucun intérêt au changement d’un système dont ils profitent auront demain bien d’autres occasions de s’en prendre à nous.

Rappelons-le, la tauromachie doit sa singularité au triptyque toro / torero / public. Pas, ne leur en déplaise, au triptyque toro / torero / Dayot ou toro / torero / Blain. Nous pouvons être fiers d’avoir l’un des rares publics jouant encore ce rôle essentiel à la corrida ; capable de signifier clairement et pacifiquement à un torero « distrait » que le respect du toro est un préalable indispensable à son succès.

Et qui sait ? Demain nous serons peut-être le pire public d’Europe. Ou mieux, du monde !